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Interreg - Simulations "Maison pour la planète"

Conclusion
Décembre 2004
 
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INTERREG IIIA – " Savoir-faire en matière de bâtiments à faible impact environnemental "
Ecole d’ingénieurs de Genève
laboratoire de physique architecturale et environnementale 13.05.2005


Introduction

La préservation des ressources épuisables, leur mise à disposition équitable à l’échelle de la planète ainsi que la limitation d’émissions polluantes en regard du climat, le maintien de la biodiversité constituent des enjeux majeurs en matière de développement "soutenable".
Le secteur du bâtiment représente un élément important de cette problématique, représentant à lui seul presque la moitié de la consommation finale d’énergie de nos pays.

Des propositions de constructions à faible impact environnemental émergent depuis quelques années, tout d’abord en Allemagne, pour se répandre en Europe. Apparaissent progressivement des bâtiments bien isolés avec de faibles besoins énergétiques, faisant en grande partie appel aux énergies renouvelables.

Dans le cadre d’un échange interrégional entre la Suisse et la France, ce projet Interreg a engagé un partenariat afin d’échanger et d’acquérir des connaissances et des savoir-faire. La démarche Haute Qualité Environnementale "HQE" française sera mise en rapport avec l’approche helvétique "Minergie" visant des performances, sur le projet concret de réalisation du nouveau siège de l’agence Energie Environnement 74 sur la Commune de Meythet, près d’Annecy.


Objectifs

Le projet poursuit trois objectifs principaux, à savoir :

  • partager les savoirs et savoir-faire français et helvétiques afin d’aboutir à une construction exemplaire.
  • démontrer la faisabilité et la reproductibilité des solutions retenues.
  • valoriser et transmettre les acquis aux décideurs, aux professionnels de la construction et au grand public, afin de faire évoluer les pratiques et les comportements.


Synthèse des simulations

  • Les mesures à prendre doivent être conséquentes.
  • Les mesures simples d’amélioration que nous avons simulées n’ont pas d’effet satisfaisant.
  • Le bâtiment est peu sensible aux apports solaires, le coefficient g des vitrages est faible (0,2 pour la verrière et 0,6 pour les fenêtres).
  • La serre liée au bâtiment n’a pas d’intérêt thermique pour celui-ci. Les deux volumes sont dissociés thermiquement, ils fonctionnent différemment.
  • Les gains internes du bâtiment jouent un rôle important sur les températures intérieures, ils sont directement liés à celles-ci.
  • L’importante isolation thermique des éléments d’enveloppe "coupe" en quelque sorte le bâtiment des conditions extérieures. La gestion des échanges entre l’intérieur et l’extérieur s’avère très importante.
  • La température intérieure du bâtiment s’élève rapidement, l’extraction de celle-ci doit donc s’avérer très efficace.
  • La période estivale est très sensible, il s’agit de gérer les problèmes de surchauffe.
  • L’apport de masse réduit efficacement les amplitudes de température intérieures.

L’ensemble du travail nous a montré que ce bâtiment soulève différents points délicats qui demandent une attention particulière et qu’il serait pertinent de remettre certains choix en question. Nous constatons une importante surchauffe durant la période estivale. Le bâtiment devra être géré efficacement, en fonction des saisons. Il est selon nous nécessaire de créer différents types ou modes de fonctionnement qui s’adaptent aux besoins de la journée, de la nuit, qu’il s’agisse de chauffage, de ventilation ou de rafraîchissement.

Apports internes :
Nous avons constaté à travers les résultats des simulations de la variante 14 que la source de chaleur primaire se trouve être les des gains internes. L’occupation du bâtiment, le comportement de ses utilisateurs, la gestion des différents appareils électriques ainsi que l’éclairage apportent la majorité des besoins en chaleur. Il est important de s’assurer du futur mode d’exploitation du bâtiment, en tenant compte des possibles changement du matériel électrique (informatique, photocopieuses, sources lumineuses, etc.), du nombre d’utilisateurs ainsi que des différents paramètres qui modifieraient les apports internes.

Enveloppe et apports solaires :
Les apports solaires sont réduits au maximum par l’importance des embrasures des fenêtres, le faible coefficient g des vitrages et la casquette de toiture. Nous avons observé sur le modèle de simulation que l’obturation presque totale des vitrages modifie peu les températures intérieures. Malgré le faible impact de la protection solaire, elle reste indispensable pour le confort des utilisateurs travaillant à proximité des ouvertures, bien que le g des verres soit très faible. Ce dispositif de protection contre les rayonnements directs peut être réduit à son minimum, comme par exemple une simple toile, tout en évaluant sa durabilité et sa facilité d’entretien à long terme.

L’apport de masse :
Cette solution diminue considérablement l’amplitude des températures intérieures. L’apport de masse permet de stocker l’énergie, ceci afin de la restituer sur une période plus étendue. Ce dispositif permet de faire face à d’importantes variations de température, mais également une régulation plus précise du volume.

La production de chaleur :
Nous avons calculé qu’il est nécessaire d’installer une production de chaleur d’une puissance d’environ 7 [kW].

Rôle de la serre :
Contrairement aux premières hypothèses, nous avons constaté que la serre n’apporte pas d’éléments pertinents ni bénéfiques au bâtiment. Celle-ci est contestable à partir du moment où nous avons observé que le bâtiment et la serre sont deux volumes thermiquement différents qui ne s’influencent pas, contrairement aux principes fonctionnels des serres traditionnelles. La seconde variante de simulation nous l’a démontré. Malgré les différents propositions qui visaient à stocker l’énergie dans de la masse (dans la serre ou encore dans le mur séparent les deux volumes), nous constatons que quelque soit la période de l’année, hivernale ou estivale, le supplément d’énergie nécessaire au maintien en température du bâtiment est resté quasiment identique. De plus les possibilités de rafraîchissement par ventilation naturelle sont réduites à trois façades et une toiture.

La ventilation :
La simulation nous a rendu attentifs au phénomène de surchauffe qui apparaît relativement tôt dans la saison estivale. Celui-ci peut être qualifiée d’insupportable. La stratégie de ventilation représente de toute évidence le point essentiel du projet dans l’état actuel des solutions retenues. Il est nécessaire de mettre en place un ensemble de systèmes régulés automatiquement qui se basent sur une interprétation simultanée des conditions climatiques intérieures et extérieures. La stratégie de ventilation est importante pour l’hiver comme pour l’été. Elle permet un rafraîchissement de l’air (évacuation du surplus d’énergie), mais également une réduction des pertes d’énergie durant l’hiver. Pour répondre aux critères et aux objectifs recherchés, le système de ventilation présente certaines difficultés. Etant donné l’importance des débits représentés par la simulation pour le rafraîchissement du bâtiment, il est évident que cela ne peut pas se faire uniquement grâce à un dispositif dit de double-flux. Il s’agit de séparer les fonctions et de mettre en place deux systèmes différents. Un réseau de ventilation utilisant le double-flux est nécessaire en hiver afin de réduire les pertes d’énergie par la ventilation, et tout au long de l’année pour assurer le renouvellement de l’air à l’intérieur des locaux (échangeur coupé). Il est indispensable d’y adjoindre un dispositif secondaire, permettant d’évacuer d’importants volumes d’air. Ce deuxième dispositif présente de fortes nuisances, courants d’air, bruit, emprise et dimensions. C’est en partie pour ces raisons qu’il doit fonctionner uniquement durant la nuit, mais également pour répondre à un renouvellement d’air plus frais que celui des journées estivales. Il faut par contre être attentif aux consommations électriques qu’engendre ce dispositif, et bien entendu en tenir compte.

Recommandations de l’EIG :

  • Supprimer la serre du projet. Ce dispositif est coûteux écologiquement et matériellement. Il n’a pas d’intérêt particulier pour le confort intérieur du bâtiment.
  • Etablir un bilan plus précis des apports internes.
  • Installer un dispositif de production de chaleur par étage et avec une puissance maximale d’au moins 3 [kW] chacun.
  • Mettre en place un système de double-flux.
  • Mettre en place un système d’extraction d’air possédant une capacité maximum de 8 [volumes/heure], soit 11’944 [m3/heure] (1 volume = 1'493 [m3] ).
  • Ajouter de la masse dans les éléments de plancher.
  • Installer un système unique de régulation automatique qui commande l’ensemble des dispositifs de gestion du climat.